Mon grand défi personnel : la chirurgie maxillo-faciale

J’ai longtemps hésité sur mon envie ou pas de partager une expérience si personnelle et finalement je pense que j’en ai besoin. Un blog c’est fait pour ça, pour livrer des petites parties de soi et cette chirurgie elle fait désormais partie de moi.

Là tu te dis ok mais c’est quoi une chirurgie maxillo-faciale ? Pourquoi passer par là ?

La chirurgie maxillo-faciale traite les maladies de la mâchoire, de la face, de la bouche et des dents. Ça touche beaucoup de choses (fentes labiales…) mais surtout ça concerne les dysmorphoses faciales (prognathisme,retrognathisme, asymétrie, micromandibulie). De par sa nature complexe touchant les os, plusieurs spécialistes interviennent et le traitement est long.

Tout a commencé par un traitement d’orthodontie quand j’avais l’âge de 16 ans qui a été retiré trop tôt, ma croissance n’était pas finie, tout le bénéfice du traitement est parti en quelques années. En grandissant ça me complexait de plus en plus d’avoir un grand espace entre mes mâchoires et d’avoir mes dents du bas de nouveau les unes sur les autres. Je me suis donc interdit pendant des années toute sorte de rouge à lèvres qui finissait automatiquement sur mes dents et dit, que plus tard, quand j’aurais les finances et que ça sera le moment, je suivrais un nouveau traitement d’orthodontie et que le problème serait résolu.

Autant dire que ça c’était la version du monde des bisounours très loin de la réalité. Parce que finalement un traitement d’orthodontie ça permet de réaligner les dents mais pas que, ça joue aussi un rôle sur les mâchoires et comme tout a bougé chez moi, il en ressort que mes mâchoires ne sont plus alignées et que mes dents ne s’entrechoquent que vers le fond de la bouche et n’appuient pas là où il faut. On m’a donc expliqué qu’il me fallait un traitement d’orthodontie plus une chirurgie pour avancer mes mâchoires et qu’elles bénéficient de l’emboîtement naturel qu’elles auraient dû avoir. Ce jour là (c’était en 2010), j’ai pris une grosse claque et j’ai refusé cette intervention,  l’orthodontiste a donc refusé de me poser un appareil puisque sans la chirurgie tout se redécalerait de nouveau.

J’en ai parlé à des amies et ai été consulter leurs orthodontistes pour avoir d’autres avis et le résultat a été sans appel, la conclusion était la même. J’ai donc pris le temps de la réflexion et me suis dit que je ferais ça plus tard. Entre temps, je me suis mariée, j’ai décroché mon CDI et je me suis éclatée dans mon boulot, j’ai eu 30 ans et j’ai eu mon premier enfant, mon Adrien  <3 et là je me suis dit bon il est peut être temps ma grande !

Cinq années plus tard, fin 2015, je suis donc retournée voir mon orthodontiste (qui est réputée) et la grande aventure a commencée. J’ai tout d’abord eu 2 dents du bas arrachées puis elle m’a posé mon appareil (j’ai choisi un lingual qui est collé derrière les dents et qui ne se voit donc pas). Après 1 an et demi de traitement d’orthodontie, de visites mensuelles chez mon orthodontiste, de radios panoramiques et d’empreintes, une date d’opération a été posée. J’ai vu 2 fois le chirurgien avant l’opération et une fois l’anesthésiste avec laquelle il travaille.

Je savais que cette intervention était nécessaire mais c’est lorsque j’ai vu le chirurgien que je l’ai compris complètement, quand il a décrit tous les symptômes que j’avais, je me suis dit « il est dans ma tête ou quoi ? » et j’ai été soulagée qu’on me comprenne enfin… Toutes ses sinusites à répétition,  ce nez bouché en permanence, mes mâchoires qui craquent quand je mange et qui se déboîtent… c’était ça mon quotidien et ça va changer ! J’oublie de mentionner que si je n’avais rien fait, je courrais droit vers un déchaussement des dents, sexy hein !

Entre le traitement d’orthodontie et l’opération, j’ai eu ma seconde merveille, mon Hugo <3

Mon opération a été prévue pour le 8 juin au matin, je suis donc rentrée à la clinique la veille. Bon autant dire que même si j’en parle depuis des années et si je sais que c’est nécessaire, je n’en menais pas large et ça rajoute un coup de stress quand tu as toute la nuit seule pour y penser et que tu pars le matin au bloc seule. J’ai l’habitude d’aller jusqu’au bout quand je décide quelque chose, j’ai donc essayé un max de me détendre et jusqu’au dernier moment j’ai plaisanté avec le brancardier (heureusement qu’ils sont là ça rend le truc moins lourd et effrayant). J’ai aussi eu la chance d’avoir mon amie d’enfance qui est passé me voir la veille et qui m’a bien détendue => je te décerne la palme de la pitrerie 😛

On m’a fait quoi ? Une chirurgie bi-maxillaire et une génioplastie en gros on m’a avancée la mâchoire du haut, celle du bas et le menton (oui oui la totale, je ne fais pas les choses à moitié moi !)

J’ai été opérée à 10h30 et suis revenue en chambre vers 14h, autant dire que j’étais complètement dans le gaz. J’ai reconnu mon mari et me suis rendormie direct. J’ai vraiment émergé vers 18h, entre l’anesthésie générale et la morphine, on plane un peu. Je n’ai pas eu mal à mon réveil mais ça ça ne m’étonne pas vu les calmants que j’avais. Ce qui m’a le plus gêné c’est la sonde naso-gastrique qui au bout d’un moment m’a déclenché des vomissements en série, j’ai demandé à ce que me l’enlève et ça a été fait de suite (j’ai eu du bol sur ce coup là parce que ce n’est pas toujours le cas).

La 1ere nuit, j’étais encore sous calmants donc j’ai bien dormi et bizarrement dès le lendemain matin j’avais faim, j’attendais mon petit déjeuner avec impatience !  Les médecins ont passé leur temps à nous répéter de ne pas laisser l’alimentation de côté même si manger liquide ça ne vend pas du rêve parce que déjà on se remet mieux et ça permet de limiter la casse niveau perte de poids (en 2 semaines malgré mes efforts j’ai perdu 3.5 kg).

Ma coloc a justement eu du mal à s’en remettre, je me suis dit que je ne voulais pas être dans le même état et j’ai essayé de manger un peu. J’ai commencé à gonfler dès le lendemain de l’opération avec un pic à J+3 puis ça a commencé à dégonfler lentement jour après jour. Les bleus sont apparus à J+2 pour atteindre un pic ou on ne voyait que ça à J+8 et sont totalement partis à J+10.

Concernant la douleur, j’ai commencé à avoir mal le lendemain mais les infirmières donnaient régulièrement des anti-douleurs donc ça allait. J’ai eu beaucoup de mal à dormir par contre du coup j’étais hs et là où j’ai eu le plus mal c’était la nuit (les derniers calmants étaient vers 23h et les autres vers 6h/7h), réveil à chaque fois à 5h ou j’ai douillé jusqu’au passage du matin.

J’ai commencé à avoir plus de douleurs au retour à la maison, bah oui il n’y a plus les gentilles infirmières qui s’occupent de toi, c’est à toi de gérer ta prise de médocs… plus la fatigue, les petits qui crient, pleurent et là tu regrettes l’hôpital ; ) pourtant mon mari a posé toute sa semaine pour s’occuper des enfants à ma place et s’occuper de moi et franchement il a assuré et là deuxième semaine c’est ma mère qui a pris des congés et qui a assuré aussi. C’est important d’être bien accompagnée pour ce genre d’opération parce que t’en chies, tu peux parler mais pas trop les 1ers jours et ça fatigue énormément et surtout il faut mixer toute la nourriture et la couper au lait ou à l’eau pour que ça soit liquide et que ça soit bu au bol.

Aujourd’hui je suis à J+14, je n’ai plus de bleus et j’ai bien dégonflé mais pas totalement et j’ai le côté droit plus gonflé, c’est aussi celui qui me fait le plus mal (peut être parce que j’ai plus de plaques de ce côté). J’arrive à parler presque normalement mais ça me fatigue beaucoup donc je me limite et on ne me comprend pas toujours (ce qui peut être agçant quand tu y met beaucoup d’efforts). Niveau sensibilité, je ne sens toujours pas ma lèvre inférieure qui est d’ailleurs toujours gonflée ni mon menton et j’ai des fourmillements en permanence. Niveau douleurs je prends encore des anti-douleurs, soit la nuit (j’ai souvent mal en fin de journée/soirée), soit quelques heures après avoir changé les élastiques qui me ferment la bouche (que je change tous les deux jours depuis J+8) mais c’est quand même beaucoup mieux qu’avant. J’ai aussi très souvent mal à la tête, à voir si ça a un lien.

Je vois le chirurgien aujourd’hui et vais pouvoir poser toutes mes questions et je vais pouvoir passer de l’alimentation liquide à de la consistance purée et mixée youhou ! Je suis encore loin de l’hamburger mais c’est déjà une bonne progression 🙂

Au final,  pour ceux qui se poseraient la question et qui passeraient par la même étape, le traitement d’orthodontie m’a coûté 7200€  dont une partie du dernier semestre va être remboursé par la sécurité sociale (exception quand tu as plus de 16 ans et que le traitement associe l’orthodontie et la chirurgie) et les dépassements d’honoraires entre le chirurgien et l’anesthésiste en dehors de la partie prise en charge par la sécurité sociale m’ont coûtés 4100€ dont 1728€ va m’être remboursé par ma mutuelle et ma surcomplémentaire. Au final, l’opération m’aura coûtée 2372€.

Pour ceux ou celles qui peuvent se le permettre, je conseillerais la chambre particulière, si financièrement j’avais pu je l’aurais prise. Ça permet de demander un lit accompagnant et de ne pas être seule la veille et le matin du départ au bloc et surtout ça peut faire éviter de l’appréhension supplémentaire. Ma coloc a été opérée le jour où moi je suis arrivée en chambre du coup je l’ai vue revenir du bloc et franchement c’était impressionnant j’aurais préféré m’en passer. La pauvre a eu plus de mal à se remettre car elle a eu du sang dans l’estomac et avait beaucoup de nausées, j’ai eu de la chance je n’ai pas eu ça !

La clinique étant interdite aux enfants de moins de 12 ans, je n’ai pas pu voir mes enfants pendant 4 jours, ça ça m’à foutu les boules mais en même temps vu que j’étais mal et gonflée c’était un mal pour un bien et on a pallié à cette absence avec des séances de Skype avec Adrien le soir, j’avais juste à déconnecter la caméra de mon côté et à lui parler via le clavier et Papa Geek traduisait. J’avais peur de la réaction de mes enfants à mon retour mais finalement ça a été,  Adrien a été un peu sur la retenue au début puis j’ai eu un câlin et Hugo du haut de ses 8 mois a failli pleurer puis m’a souri quand je lui ai caressé la tête  🙂

Le plus dur est passé maintenant, plus qu’à retrouver mes sensations et revivre normalement !

Attention photos :

Avant  (je mettrais des photos de profils quand j’aurais totalement dégonflé ça sera plus parlant) :

J+2 :

J+3 :

J+8 :

J+9 :

J+12 :