Je te le disais dans un de mes derniers post, pour cette seconde maternité j’ai fait l’expérience de l’allaitement et c’est assurément une des choses qui m’a intensément marquée et je pense que c’est le bon moment pour en parler (les enfants font la sieste j’ai donc un peu de temps devant moi 🙂

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Si tu me suis depuis longtemps, tu as pu constater que l’allaitement, en dehors du fait que c’est un des sujets les plus polémiques dans l’univers des mamans et futures mamans, est un sujet qui m’a longtemps interpellé. Plus j’avançais dans cette seconde grossesse et plus j’avais envie d’essayer (Titou n’a pas été allaité, à l’époque je n’en ressentais pas le besoin, le comportement des sages femmes à l’hôpital m’a complètement braquée et je ne voulais pas me lancer dans cette aventure à contrecœur parce que forcément je l’aurais mal vécu et Titou aussi). Sauf que cette envie d’essayer était contrebalancée par le fait que j’avais peur, peur de quoi tu me diras ? Peur de tout, de ne pas être à la hauteur, de ne pas avoir de lait, de l’allaiter en dehors de chez moi (je suis très pudique même avec mes proches), peur que Titou soit jaloux, de faire des différences (je n’ai pas allaité Titou pourquoi allaiter TitouTwo ?), peur de ne tout simplement pas aimer ça, de me transformer en tétine géante et de ne rien pouvoir faire d’autre alors que j’ai aussi Titou dont il faut que je m’occupe…

Finalement, après avoir beaucoup lu de choses sur le sujet, parlé avec mon entourage et notamment grâce au partage d’expériences de certaines amies, je me suis convaincue que même si j’avais à priori envie ça n’était pas suffisant pour sauter le pas et surtout j’avais beaucoup de mal à m’imaginer avec bébé au sein. Pourquoi ? Franchement, je ne sais pas du tout mais je ne pense pas être la seule à avoir ressenti cette impression.

J’ai accouché le 3 octobre de TitouTwo et je suis passé directement au biberon, exit la tétée d’accueil sauf que dans un coin de ma tête ça m’embêtait de ne pas avoir au moins essayé. Les jours sont passés et à J+2 de l’accouchement j’ai eu ma montée de lait, une bonne grosse montée de lait, j’ai eu mal à un point (j’avais du mal à dormir tellement c’était douloureux, j’ai essayé les feuilles de choux dans le soutien gorge et d’autres remèdes de grand-mère mais rien n’y a fait…), je suis rentrée chez moi avec TitouTwo et le lendemain notre 1er rendez-vous avec la sage-femme nous attendait. La veille, comme tant d’autres fois, je me suis mise à regarder cette nouvelle poitrine bien imposante et à me dire que j’avais peut être fait une erreur en ne tentant pas l’expérience et j’ai commencé à regarder sur le net (oui oui c’est le mal je sais) s’il était possible de débuter un allaitement à J+4. J’ai été surprise de constater que oui. Le lendemain matin ma sage-femme est arrivée et je lui ai parlé de mon ressenti et de mon envie d’essayer, elle m’a rassurée en me disant que c’était possible et m’a montrée comment mettre TitouTwo au sein (je n’avais aucune expérience en la matière et comme j’avais fait une seconde fois le choix de ne pas allaiter je ne m’étais pas trop renseignée sur le sujet) et là pleins de sentiments m’ont submergée : j’ai été fière que l’on réussisse tous les deux, j’ai eu mal (peut être parce que j’ai commencé plus tard ou parce qu’il avait une force de succion de fou mais les premières fois j’y allais à reculons…), j’ai été attendrie de l’avoir au sein contre moi avec sa petite main sur ma poitrine (TitouTwo est resté très tactile et ne se calme que dans mes bras dans une certaine position qui rappelle celle de l’allaitement avec sa main contre ma poitrine), j’ai été heureuse tout simplement.

Au départ de la sage-femme, je suis allée regarder différentes positions sur internet pour pouvoir alterner et prendre celle qui était la plus simple pour nous, parce que oui la mise au sein au début c’était le parcours du combattant :)) J’ai été très surprise de constater que j’avais encore du colostrum. J’ai quand même dû continuer à lui donner du lait artificiel en complément parce que la stimulation était intervenue plus tard et que TitouTwo buvait déjà de bonnes quantités. J’avais du mal à le contenter seule mais je n’ai pas baissé les bras, je me suis accrochée malgré les douleurs et les crevasses, j’ai testé les bouts de seins et pu continuer grâce à ça, j’ai tiré mon lait en parallèle pour stimuler la lactation et je mettais TitouTwo au sein plusieurs fois par jour. Ce moment est devenu pour nous un moment de partage, de complicité et d’amour.

Puis le temps est passé et malgré tous mes efforts environ 3 semaines après le verdict est tombé je n’avais plus assez de lait, TitouTwo passait plus de 4h accroché à moi et avait pourtant besoin d’un biberon entier de lait artificiel derrière… J’ai eu du mal à laisser tomber, je repoussais chaque jour un peu plus mais devant un bébé qui finissait par s’énerver au sein et qui pleurait de faim, on est passé à 100 % au lait artificiel. TitouTwo l’a très bien vécu même si quand je l’avais dans les bras il cherchait le sein, avec son père aussi d’ailleurs :))

Par la suite, on a dû l’emmener chez un ostéopathe pour des problèmes de coliques et de reflux et elle nous a confirmé qu’il avait un souci de succion et que c’était sûrement pour ça entre autre qu’au bout d’un moment l’allaitement n’avait pas marché, il tétait mal et ne stimulait pas bien la lactation.

Finalement cette expérience m’a permise de grandir, j’ai longtemps pensé que l’allaitement était quelque chose de simple, que tout bébé venant au monde savait téter comme un chef, que toute maman avait beaucoup de lait et que finalement la rencontre des deux n’engendrait pas de difficulté, que tout se mettait en place rapidement…. ERREUR toi qui allaites ou qui a allaité tu le sais que trop bien et moi aussi maintenant ! C’est aussi pour cette raison que l’allaitement est un choix et qu’il faut se lancer dans l’aventure en étant convaincue par ce choix, parce qu’allaiter son enfant ça fatigue, ça peut être mal vu par les proches, ce n’est pas forcément pratique en tout lieu ou en toute circonstance, ça peut faire mal et j’en passe 🙂

Ce que je retiens de cet allaitement c’est du bonheur et un bon souvenir, à tel point que je regrette de ne pas avoir essayé pour Titou. Une chose est sûre si nous avons un troisième enfant (oui je sais TitouTwo doit être le dernier de la fratrie mais bon j’aime être maman pas sûre que je n’ai pas envie de retenter l’aventure dans quelques années), j’allaiterais 🙂